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Au terme de ses études, Perdican rentre au château paternel accompagné de son gouverneur Maître Blazius. Le même jour, escortée de Dame Pluche, arrive aussi sa cousine Camille qui sort du couvent. C'est le Baron, père de Perdican qui a combiné cette rencontre : il veut marier ces enfants qui "s'aimaient" d'ailleurs fort tendrement dès le berceau. La première entrevue est plutôt décevante : Camille, très réservée, refuse d'embrasser son cousin. Elle a entendu dire tellement de mal des hommes qu'elle a peur de l'amour et préfère revenir au couvent. Cette résistance va rendre Perdican amoureux de sa cousine Rosette. De dépit, il descend au village et fait la cour à la naïve paysanne, sœur de lait de Camille.

Thème

Un "proverbe" est traditionnellement une petite pièce légère et rapide, facile à comprendre. Par son titre, On ne badine pas avec l'amour, la pièce de Musset pourrait faire croire à une distraction aimable, un badinage ; mais ce proverbe est chargé de menace.

Le drame de l'orgueil est l'apparence dramatique d'un drame plus profond causé par un malentendu. En fait, ce sont deux rêves de jeunesse qui se heurtent violemment, deux engagements dans la vie. Chacun des protagonistes vit le sien avec l'ardeur aveugle de son jeune âge, refusant d'essayer de comprendre l'autre et donc, à plus forte raison, de l'aider à voir clair en lui-même. Bref, c'est le drame des exigences absolues : réaliser tout ce qu'on rêve, tout de suite et sans compromis.
Dans ce drame, Musset estime que les caractères des adolescents, qui le jouent, ont certes une grande responsabilité, mais aussi les adultes : ils disposent d'un avenir qui ne leur appartient pas, en toute bonne foi d'ailleurs. L'habile machination du baron ne pouvait que choquer Camille, sortant d'un univers clos où on lui avait fait voir le monde sous une seule lumière qui le rendait haïssable. Elle ne pouvait aussi qu'encourager trop vivement les élans naïfs de Perdican qui, lui, avait vécu dans une réalité où la pureté des sentiments n'était pas irréprochable : raison supplémentaire pour que s'installe le malentendu entre les deux jeunes gens. Le monde et l'éducation qu'il dispense contribuent donc aussi à créer le drame qui se joue. Il y a un vrai discours sur la religiosité et l’éducation qu’elle peut dispensée, on le voit par la figure de trois personnages très présents.


On ne badine pas avec l’amour
est donc bien le drame de l'orgueil, si l'on considère surtout les réactions immédiates qui créent les situations dramatiques et font avancer l'action jusqu'à son dénouement tragique. Mais ce n'est pas qu'un drame de l'orgueil. Outre le fait que la pièce ne se développe pas seulement comme un drame, puisque les personnages secondaires lui donnent un accompagnement plaisant, voire comique, qui brise la tension dramatique, On ne badine pas avec l'amour raconte le drame de la jeunesse intransigeante qui fait, comme Musset avec George Sand, l'expérience d'une grande passion.

Souvent étudiée par les adolescents au lycée, cette pièce laisse des souvenirs d’amour déçu et tragique…plus tard la vie leur a montré que tout ceci n’est pas que de la fiction mais que chacun de nous se sera retrouvé un jour très proche d’un de ces personnages. Ah l’amour... La découverte de l’autre, le refus, la jalousie et l’orgueil sont des étapes qui jalonnent la vie et construisent l’expérience, parfois douloureuse de chaque être humain. Voilà maintenant plus de 150 ans qu’Alfred de Musset a écrit On ne badine pas avec l’amour et la pièce a gardé toute sa saveur. Les émotions traversent le temps puisqu’elles décrivent les relations amoureuses et la recherche de soi.

Projet de mise en scène

Costumes :

Cette pièce n’est pas datée par son auteur. On y trouve toute liberté pour retranscrire l’époque de l’action. Le choix porte sur des costumes qui mélangeront l’élégance du XVIII me pour souligner le romantisme et de modernité des lignes pour rendre intemporel le sujet.

La religiosité sera également traité de façon différente selon si l’on est un personnage fantoche (Blazius, Bridaine et Pluche) ou un héros (Camille).

Ces costumes seront comme une seconde peau pour les personnages et souligneront à la fois les traits de caractère mais aussi le statut social de chacun.

Certains personnages comme le « chœur » représentent à la fois les paysans du village dont est issue Rosette, la sœur de lait de Camille, à la fois les anciens qui ont élevé Perdican jeune mais ils seront aussi les serviteurs du château, les troubadours qui chanteront l’histoire, les statuts du jardin …Vêtus de blanc, ils représenteront la jeunesse des héros qui s’estompe comme des fantômes.

Le travail sur ces costumes sera important car ils seront à eux seuls des éléments du décor.

Décors :

Musset a écris cette pièce avec 15 décors différents. Destinées à être lue à l’époque, les créations de décors nous poussent à être inventifs sur le sujet.

Sous-jacent au récit, la religion sera représentée par deux bancs d’église tout au long de la pièce. Pour chacune des scènes et pour indiquer les différents lieux se sont des tissus de formes et de couleurs différentes qui devront évoquer une salle à manger ou un jardin ou un château…. La plupart du temps ces tissus couvriront tout ou moitié des bancs d’église pour les laisser rendre leur raison d’être à la fin de la pièce, dans l’oratoire.

Quelques accessoires seront utiles mais nous ne pouvons pas encore déterminer avec précision lesquels, des croix, cierges, fauteuils…

Objectif :

Outre le fait que cette pièce est destinée à être joué sur Aubagne et dans les festivals de la FNCTA ou autres communes, nous envisageons de démarcher les collèges pour que celle-ci puisse être vue par le plus grand nombre d’adolescent. D’abord parce que le programme scolaire met encore à l’étude les grands classiques mais aussi parce que « Badine » (comme disait Musset) met en éclairage des thèmes encore vivants aujourd’hui (amour, engagement dans la vie, religion). Nous espérons que notre traitement engagé de la pièce puisse aider les jeunes gens à sentir les grands auteurs comme des observateurs incontournables de leurs propres interrogations et préoccupations.

 

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